Lēnablou, pionnière et activiste pour faire bouger les lignes

Crédit photo : Daniel Dabriou

Face à tous les « murs à fracasser », Lēnablou, de son nom d’artiste, n’avait d’autre choix que d’être activiste. Et au fil de ses travaux de recherche et créations qui ont « décloisonné les esprits » sur le gwoka, la danse traditionnelle, la culture ka, elle est devenue une référence reconnue en Guadeloupe, mais aussi à l’international.

Danseuse-interprète et chorégraphe professionnelle aux multiples collaborations prestigieuses, Lēnablou aurait pu exercer son art ailleurs qu’en Guadeloupe. Cependant, elle a choisi de rester dans son île et de « défendre l’esthétique de la danse gwoka ». Avec « persistance, patience, foi, mais aussi une grande « force physique, mentale et intellectuelle », « pour résister à tous les murs qu’il (lui) a fallu fracasser tout au long de (sa) vie ».

Pour élargir la vision sur le gwoka, considéré dans l’archipel comme simplement revendicateur et par le reste du monde comme exotique, voire primitif, Lēnablou a dû être une précurseure. « Je suis la première à avoir obtenu une réputation internationale avec la matrice gwoka, tout en restant dans mon île. »

Chercheuse en danse, elle a créé la Techni’ka, « danse contemporaine caribéenne, issue de la tradition populaire guadeloupéenne », sur laquelle elle a rédigé un ouvrage paru en 2005, « le premier sur la danse gwoka ». Effectuant actuellement un doctorat sur la danse caribéenne, une fois diplômée, elle sera aussi la première à obtenir un tel grade. D’ores et déjà, ses travaux, ses créations, influencent d’autres chercheurs.

Professeure de danse depuis son très jeune âge, Lēnablou a créé en 1990, sans l’aide d’aucune institution, le Centre de Danse et d’Études Chorégraphiques. Cette école, située dans le quartier de l’Assainissement à Pointe-à-Pitre, est une référence connue pour la qualité de son enseignement.

Du fait de son parcours professionnel, ses écrits, ses créations et expérimentations, son discours « contraire au commun », Lēnablou est devenue, sans l’avoir choisi, plus qu’une artiste, l’ambassadrice incontournable de la Guadeloupe et de sa culture ka.

Mylène Colmar

 

2. Lēnablou lors de la représentation de « Fenêtre sur mon bigidi et moi » en avril 2018 au Mémorial ACTe. Crédit photo : Philippe Hurgon.

Lēnablou en une citation

 

« À partir du moment où l’on défend son écriture artistique, son esthétique, son territoire, sa vision du monde et le fait qu’ils soient tirés de la sève même de cette terre, on devient activiste. La parole que je transporte à travers mes spectacles, conférences, stages, cours – c’est-à-dire la transmission aux jeunes – est devenue de fait politique et engagée, parce qu’il faut changer les paradigmes, les postures, les prédéterminismes liés à l’imaginaire construit sur les îles ».

Lisez l’article sur la représentation « Fenêtre sur mon bigidi et moi » qui a eu lieu le 28 avril dernier au Mémorial ACTe :  « En Guadeloupe, Léna Blou éblouit avec son bigidi intimiste ». https://beyon.fr/en-guadeloupe-lena-blou-eblouit-avec-son-bigidi-intimiste/

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